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Les particules japonaises : は, が, を, に, で expliquées (et la liste complète)

Vous pouvez connaître tous les mots d'une phrase japonaise et ne toujours pas savoir qui fait quoi à qui. Les mots ne le disent pas. Ce sont les particules qui le disent — ces petits hiragana accrochés à la fin de chaque mot : は, が, を, に, で.

C'est le premier vrai mur du japonais, et le francophone y arrive avec un avantage dont personne ne lui parle : l'analyse grammaticale de l'école primaire. Sujet, complément d'objet direct, complément d'objet indirect, complément circonstanciel de lieu — ces étiquettes qu'on vous a appris à coller sous les mots en CM2, le japonais les écrit dans la phrase. À une exception près, qui est justement celle qui pose problème.

Qu'est-ce qu'une particule en japonais ?

Le français indique qui fait quoi par l'ordre des mots et par des prépositions placées avant le nom : à la gare, à mon ami. Le japonais fait l'inverse : il place une étiquette après chaque mot, et c'est l'étiquette qui porte le rôle.

友達渡した。 — Watashi wa eki de tomodachi ni hon o watashita. — « J'ai remis le livre à mon ami à la gare. »

Quatre particules, quatre fonctions. は marque ce dont on parle, で le lieu où l'action se déroule, に le destinataire, を l'objet remis. Et comme l'étiquette voyage avec le mot, on peut réordonner les pièces — 私は本を駅で友達に渡した — sans rien changer au sens. Seul le verbe est ancré, en fin de phrase.

Une phrase japonaise dont les quatre particules sont colorées selon leur
rôle — thème, lieu de l'action, destinataire, objet — puis la même phrase
réordonnée, avec les rôles inchangés

Une particule est donc une postposition : une préposition qui vient après. Sauf que le japonais lui confie bien plus de travail que le français à ses prépositions — y compris deux fonctions pour lesquelles le français n'a aucun mot : marquer le sujet, et marquer le thème.

Elles sont partout. Les hiragana représentent environ 37 % du japonais imprimé, et une bonne part de ces hiragana sont des particules. Si vous avez appris les kana avec notre premier article, vous connaissez déjà la seule règle de lecture qui compte ici : は, へ et を se lisent wa, e et o quand ils servent de particules. C'est maintenant que cette règle sert.

La liste des particules japonaises qu'un débutant rencontre vraiment

Les dictionnaires de particules sont épais : celui de Kawashima en recense plus de cent, et une liste de 188 circule en ligne. Vous n'en avez pas besoin. Quatorze portent presque toutes les phrases d'un manuel de débutant, et cinq font l'essentiel du travail. La troisième colonne donne l'équivalent en grammaire scolaire — c'est votre avantage, servez-vous-en.

Particule Lecture En grammaire scolaire Exemple
wa Le thème — « quant à… ». Pas le sujet. 学生です。 Watashi wa gakusei desu. — Je suis étudiant.
ga Le sujet ; l'information nouvelle いる。 Neko ga iru. — Il y a un chat.
o Le complément d'objet direct 読む。 Hon o yomu. — Je lis un livre.
ni Le COI, la destination, le moment, le lieu où l'on est 東京行く。 Tōkyō ni iku. — Je vais à Tokyo.
de Le complément de lieu de l'action ; le moyen 会う。 Eki de au. — On se retrouve à la gare.
no « de » — possession, complément du nom watashi no hon — mon livre
to « avec », « et » 友達話す。 Tomodachi to hanasu. — Je parle avec un ami.
mo « aussi » 学生です。 Watashi mo gakusei desu. — Moi aussi, je suis étudiant.
e La direction 行く。 Kita e iku. — Aller vers le nord.
から kara « depuis », « à partir de » 九時から働く。 Kuji kara hataraku. — Je travaille à partir de neuf heures.
まで made « jusqu'à » 五時まで働く。 Goji made hataraku. — Je travaille jusqu'à cinq heures.
ka Le point d'interrogation 学生ですGakusei desu ka. — Tu es étudiant ?
ne « …n'est-ce pas ? » いいですIi desu ne. — C'est bien, non ?
yo « …je t'assure » いいですIi desu yo. — C'est bien, je t'assure.

Un détail qui déroute les francophones : の se lit à l'envers. 東京の大学 (Tōkyō no daigaku) est « l'université de Tokyo », mais l'ordre japonais est « Tokyo-de-université » : le complément vient avant le nom qu'il complète, comme dans l'université tokyoïte.

Les cinq premières — は, が, を, に, で — décident si une phrase est comprise ou non. Chacune a droit à sa section ci-dessous, parce que chacune cache un piège que la définition en une ligne ne montre pas.

L'antisèche

Les mêmes quatorze, regroupées par fonction, en une image à imprimer : l'antisèche des particules japonaises (PNG). Gratuit, sans e-mail à laisser.

は (wa) : le thème — ce que le français fait avec une virgule

La plupart des manuels présentent は comme « la particule du sujet » dès la première page, et c'est de là que partent tous les problèmes de は/が. は ne marque pas le sujet. Elle marque le thème : ce dont la phrase parle, ce que vous et votre interlocuteur avez déjà en tête.

Le français a exactement cette construction — mais à l'oral, et avec une virgule :

Moi, je suis étudiant. — 私学生です。

Le café, j'aime pas. — コーヒー好きじゃない。

Les linguistes appellent ça la dislocation, et Knud Lambrecht en a fait l'exemple type du marquage du thème dans son ouvrage de référence sur la structure informationnelle (1994), à partir du français parlé. « Moi, le café, j'aime pas » est une phrase japonaise dans l'ordre japonais, avec des virgules à la place des は. Si vous entendez は comme cette virgule-là, vous n'aurez jamais le réflexe de le traduire par « sujet ».

La preuve que は n'est pas le sujet, c'est qu'il marque très bien des choses qui n'en sont pas :

今日暑いですね。 — Kyō wa atsui desu ne. — « Aujourd'hui, il fait chaud, hein. »

長い。 — Zō wa hana ga nagai. — « L'éléphant, la trompe est longue. » — Les éléphants ont une longue trompe.

Cette seconde phrase est le titre d'un livre du linguiste Mikami Akira (1960), et c'est toute la démonstration en six caractères : 象 est le thème, 鼻 est le sujet grammatical, et le japonais les marque différemment.

Deux conséquences. Deux は dans un même souffle, c'est un contraste : 魚食べます。肉食べません。 Le poisson, j'en mange ; la viande, non. Et は ne suit jamais un mot interrogatif : 誰は, 何は, どこは n'existent pas — un interrogatif désigne par définition ce que vous ne savez pas encore, et は ne marque que ce que vous savez déjà.

Pourquoi は se prononce wa

C'est un fossile. Il y a des siècles, la prononciation de la rangée en h a glissé, et ha entre deux voyelles est devenu wa. Quand le Japon a réformé son orthographe en 1946 pour la caler sur la prononciation moderne, les trois particules は, へ et を ont été délibérément exemptées : trop fréquentes, trop reconnaissables pour changer. Kawa (la rivière) est ainsi passé de かは à かわ, mais la particule est restée は. En dehors des salutations こんにちは et こんばんは — qui sont ce même は figé — c'est le seul endroit où vous lirez は wa.

が (ga) : le sujet — et surtout l'information nouvelle

が marque le sujet grammatical. Mais cette définition ne sert à rien pour choisir entre が et は, parce que le thème est le plus souvent aussi le sujet. Ce que が fait réellement, c'est désigner l'information que l'interlocuteur n'a pas encore.

Le cas le plus net est la question et sa réponse. L'interrogatif prend が, et la réponse aussi :

来ましたか。 — Dare ga kimashita ka. — « Qui est venu ? »

田中さん来ました。 — Tanaka-san ga kimashita. — « C'est Tanaka qui est venu. »

Remarquez la traduction : le français dit « c'est … qui » quand il veut mettre en avant une information nouvelle. Ce « c'est … qui », c'est が.

Le deuxième cas, c'est l'annonce : quelque chose existe, quelque chose se produit, rien n'est encore posé. Le linguiste Susumu Kuno (1973) appelle ça le が de description neutre :

降っています。 — Ame ga futte imasu. — « Il pleut. »

います。 — Neko ga imasu. — « Il y a un chat. »

Tous les contes japonais commencent exactement ainsi — 昔々、おじいさんとおばあさんいました。 Il était une fois un vieil homme et une vieille femme — et passent à は dès que les personnages sont posés : おじいさん山へ行きました。 Le vieil homme alla à la montagne. が fait entrer un personnage en scène ; は continue à parler de lui. S'il ne faut retenir qu'une chose sur は et が, c'est ce mouvement-là.

Trois autres cas où が est obligatoire :

  • Dans une proposition subordonnée. は ne survit presque jamais dans une relative ou une temporelle : 私作ったケーキ le gâteau que j'ai fait, 田中さん来た時 quand Tanaka est venu.
  • Avec quelques verbes et adjectifs qui prennent が là où le français attend un COD : 寿司好きです j'aime les sushis, 日本語わかります je comprends le japonais, 時間あります j'ai le temps.
  • Quand le sujet est toute la réponse — ce que Kuno appelle l'énumération exhaustive : 私田中です。 C'est moi, Tanaka — parmi les gens présents, celui que vous cherchez, c'est moi.

は ou が : la décision en quatre questions

Mettez les deux ensemble et vous obtenez une décision que la plupart des explications transforment en une page d'exceptions. Ce n'en est pas une. Posez quatre questions, dans l'ordre, et arrêtez-vous au premier oui :

Un arbre de décision pour choisir entre は et が : interrogatif ou sa
réponse → が ; première mention ou annonce d'un événement → が ; dans une
subordonnée → が ; contraste → は ; sinon → は, le thème

  1. Le mot est-il un interrogatif — ou la réponse à l'un d'eux ? → が.
  2. Est-ce sa première apparition — annoncez-vous que quelque chose existe ou se produit ? → が.
  3. Est-il dans une subordonnée ? → が.
  4. L'opposez-vous à autre chose ? → は, de contraste.
  5. Sinon → は. C'est le thème — ce dont vous parlez déjà tous les deux.

La paire minimale à retenir :

Phrase Lecture Répond à la question…
田中です。 Watashi wa Tanaka desu. « Qui êtes-vous ? » — le thème, c'est moi ; la nouveauté, c'est le nom.
田中です。 Watashi ga Tanaka desu. « Lequel de vous est Tanaka ? » — la nouveauté, c'est qui : donc が.

Mêmes trois mots. La particule dit à l'interlocuteur quelle moitié de la phrase est la réponse.

Un aveu honnête : vous vous tromperez encore un moment, et c'est moins grave qu'il n'y paraît. Les erreurs de particules représentent une part importante de toutes les fautes de grammaire des apprenants (Oyama, 2010), et は/が est la paire qui résiste le plus longtemps — mais un natif vous comprendra dans les deux cas. Tenez le mouvement du conte — が pour présenter, は pour continuer — et laissez le reste venir de la lecture.

を (wo, prononcé o) : le complément d'objet direct

を est la plus simple des cinq, et celle dont l'orthographe surprend le plus. Elle marque le complément d'objet direct — ce sur quoi porte le verbe :

読みます。 — Hon o yomimasu. — Je lis un livre.

ペン二本ください。 — Pen o nihon kudasai. — Deux stylos, s'il vous plaît.

Cette seconde phrase vient de notre article sur les chiffres et les compteurs : nom + を + nombre + compteur + verbe est la structure de toute demande dans une boutique, et を en est la charnière.

Deux choses à savoir. D'abord l'orthographe : を s'écrit avec un kana qui se lisait autrefois wo, et certains systèmes de rōmaji l'écrivent encore ainsi — d'où la « particule wo » qu'on cherche sur Google —, mais il se prononce o, exactement comme お. En japonais moderne ce kana n'apparaît pratiquement qu'en tant que particule : si vous voyez を, c'est le COD. Ensuite, を marque aussi le mouvement à travers un espace ou hors d'un lieu, ce qui déroute quand on l'a appris comme « objet » seulement : 公園散歩します je me promène dans le parc, 家出ます je sors de la maison, 橋渡る traverser le pont.

に (ni) : « à » — mais un « à » précis

に cumule plus de fonctions que toute autre particule de la liste, ce qui explique qu'on la cherche autant que が. Ce sont pourtant toutes la même fonction vue sous des angles différents : に marque un point. Un point où l'on arrive, un point dans le temps, la personne chez qui quelque chose arrive, l'endroit où une chose se trouve.

Fonction Exemple
Destination 東京行きます。 Tōkyō ni ikimasu. — Je vais à Tokyo.
Moment précis 七時起きます。 Shichiji ni okimasu. — Je me lève à sept heures.
Destinataire (COI) 友達メールを送ります。 Tomodachi ni mēru o okurimasu. — J'envoie un mail à mon ami.
Lieu où une chose se trouve 机の上本があります。 Tsukue no ue ni hon ga arimasu. — Il y a un livre sur le bureau.
Résultat d'un changement 先生なります。 Sensei ni narimasu. — Je vais devenir professeur.
Fréquence 三回 shū ni sankai — trois fois par semaine

La règle du temps : に se met sur les points précis — 七時に, 月曜日に, 2026年に — et jamais sur les repères relatifs. 今日, 明日, 毎日, 来週 ne prennent aucune particule. (Et sept heures se dit shichiji, pas nanaji — l'une des lectures figées signalées dans l'article sur les nombres.)

で (de) : le lieu de l'action, et le moyen

Si に est le point, で est la scène : le lieu où une action se déroule, ou l'instrument avec lequel on la fait. En grammaire scolaire, le complément circonstanciel de lieu et le complément de moyen — les deux.

図書館勉強します。 — Toshokan de benkyō shimasu. — J'étudie à la bibliothèque.

電車行きます。 — Densha de ikimasu. — J'y vais en train.

日本語話します。 — Nihongo de hanashimasu. — Je parle en japonais.

食べます。 — Hashi de tabemasu. — Je mange avec des baguettes.

に ou で : le piège du « à » français

Voilà le vrai problème des francophones. Le français a un mot — « à » — là où le japonais en a deux : j'habite à Paris et je travaille à Paris utilisent la même préposition, et pas la même particule. La distinction est nette dès qu'on regarde le verbe et non le lieu :

  • — là où quelque chose est ou aboutit. Verbes d'existence et d'arrivée : いる, ある, 住む, 行く, 来る, 着く, 座る, 入る.
  • — là où quelque chose se fait. Tous les verbes d'action : 食べる, 勉強する, 働く, 会う, 遊ぶ, 買う.
東京住んでいます。 J'habite à Tokyo. (existence) 東京働いています。 Je travaille à Tokyo. (action)
います。 Je suis à la gare. 待ちます。 J'attends à la gare.
椅子座る。 S'asseoir sur la chaise. (y aboutir) 部屋寝る。 Dormir dans la chambre. (activité)

Le test : le verbe dit-il qu'on est quelque part, ou qu'on y fait quelque chose ? Être → に. Faire → で.

Ce que les natifs font vraiment : ils les avalent

Écoutez deux amis parler et vous entendrez des phrases sans aucune particule : これ、食べる? Ça, tu manges ? Le japonais parlé laisse tomber は, が et を en permanence. Dans l'analyse par John Fry du corpus CallHome — des conversations téléphoniques enregistrées entre amis et membres d'une même famille — environ un tiers des sujets et la moitié des objets n'avaient aucune particule.

Alors pourquoi les apprendre ? Pour trois raisons. Le japonais écrit les garde : livres, sous-titres, menus, tout message un peu formel. Le registre poli en garde l'essentiel. Et on ne peut omettre une particule correctement que si l'on sait laquelle on omet — les natifs sautent を quand le contexte le rend évident, pas au hasard. Apprenez-les complètement, puis gagnez le droit de les sauter.

L'autre point honnête : une erreur de particule bloque rarement la compréhension. Un に à la place d'un で vaut un sourcil levé, pas un regard vide. C'est un argument pour parler tôt et mal, pas pour un an d'exercices avant la première phrase.

Comment apprendre les particules sans les bachoter

Les définitions sont l'endroit où les particules viennent mourir. Personne n'apprend に en mémorisant « destination, moment, destinataire, existence ». Voici ce qui marche, dans l'ordre :

  1. Une phrase d'ancrage par particule. Pas une règle : une phrase que vous connaissez par cœur. 私は学生です。猫がいる。本を読む。東京に行く。駅で会う。 Devant un emploi nouveau, vous comparez à l'ancrage au lieu de consulter une liste.
  2. Le mouvement du conte pour は/が — が pour présenter, は pour continuer — en ignorant les autres questions jusqu'à ce qu'il soit automatique. Il couvre la majorité des cas réels.
  3. Lire le doigt sur les particules. Avant de lire la particule qui suit un nom, devinez-la. C'est le rappel actif qui fixe les kana en une semaine, appliqué à la grammaire : prédire, vérifier, avancer.
  4. Des textes à trous, particules seulement. Prenez des phrases que vous comprenez, effacez les particules, remettez-les. Vingt par jour pendant un mois font plus que toute explication.
  5. Cessez de vous inquiéter de に/で dès que vous avez le test du verbe. Être → に, faire → で. Tout ce qui reste est une expression figée, à apprendre comme du vocabulaire.

Les quatorze particules qu'un débutant rencontre, regroupées par fonction :
marquer les rôles, thème et focus, relier des mots, finir une
phrase

Comment ça se passe dans Tsuzuki

Les fiches de grammaire de Tsuzuki reposent exactement sur cette idée. Chaque structure est un cadre fixe — les particules et la copule — avec des cases colorées pour les mots qui changent : la toute première structure de la leçon 1 est 〔nom〕さん〔identité〕です, et la particule est la partie qui ne bouge jamais. Les exercices à trous vérifient le cadre plutôt que votre vocabulaire, et signalent la particule oubliée. On apprend les particules en les voyant tenir une phrase, encore et encore, à l'intérieur d'une histoire.

Questions fréquentes

Combien de particules y a-t-il en japonais ? Selon la façon de compter. Le dictionnaire de Kawashima en couvre plus de cent ; une liste populaire monte à 188 en comptant chaque variante et chaque composé. Un débutant en rencontre une quinzaine, et cinq — は, が, を, に, で — font l'essentiel du travail.

は est-elle la particule du sujet ? Non. は marque le thème — ce dont la phrase parle. Il coïncide souvent avec le sujet, d'où la confusion des manuels, mais 今日は暑い (aujourd'hui, il fait chaud) et 象は鼻が長い (l'éléphant, la trompe est longue) montrent que non. La particule du sujet, c'est が.

Pourquoi は se prononce-t-elle wa ? Un changement phonétique historique a transformé ha en wa entre voyelles, et la réforme orthographique de 1946 a conservé l'ancienne graphie pour les trois particules は, へ et を. Partout ailleurs, ce kana se lit ha.

Faut-il dire wo ou o pour を ? O. La graphie wo est un héritage de certains systèmes de romanisation ; la prononciation moderne est identique à お.

Quelle est la différence entre に et で ? に marque là où une chose est ou arrive — 東京に住む, 駅にいる. で marque là où une action se fait, ou le moyen employé — 東京で働く, 電車で行く. Regardez le verbe : être → に, faire → で.

Peut-on omettre les particules comme les Japonais ? À terme. En conversation relâchée, les natifs sautent は, が et を en permanence, mais ils savent laquelle ils sautent. Apprenez-les d'abord complètement ; à l'écrit et en registre poli, elles restent.

Repérer, plutôt que réciter

Les particules sont les articulations de la phrase japonaise. Tout le reste — vocabulaire, kanji, formes verbales — s'y accroche, et le jour où vous les lisez sans y penser, une phrase cesse d'être une suite de mots pour devenir une structure que vous voyez.

Le chemin n'est pas un tableau. C'est un millier de phrases lues l'attention fixée sur les petits hiragana entre les mots, chacun deviné avant d'être lu. Les phrases d'ancrage d'abord, le mouvement du conte pour は/が, le test du verbe pour に/で, puis du volume.

Tsuzuki fournit ce volume sous forme d'histoire : chaque réplique de dialogue, chaque fiche de grammaire et chaque exercice à trous met les particules devant vous comme le cadre fixe qui tient le sens — en kana, en kanji avec furigana ou en kanji seuls, jamais en rōmaji. Les 10 premières leçons sont entièrement gratuites — créez un compte sur tsuzuki.app et commencez à lire.

続けましょう! (On continue.)


Sources : Kuno, Susumu (1973), « The Structure of the Japanese Language », MIT Press ; Mikami, Akira (1960), 象は鼻が長い (Zō wa hana ga nagai), Kurosio ; Lambrecht, Knud (1994), « Information Structure and Sentence Form », Cambridge University Press ; Kawashima, Sue A. (1999), « A Dictionary of Japanese Particles », Kodansha ; Fry, John (2003), « Ellipsis and wa-marking in Japanese Conversation », Routledge, d'après la synthèse de Shimojo, M., « Properties of particle "omission" revisited », Toronto Working Papers in Linguistics ; Oyama (2010), « Automatic Error Detection Method for Japanese Particles », Polyglossia 18 ; arrêté japonais sur l'usage moderne des kana (現代かなづかい), 1946.